Dans ma longue vie d’anime fan, et pendant cette triste période de chômage, d’oisiveté et de dépression latente que j’ai eu avant 2011, j’ai vu beaucoup de choses, bonnes, excellentes, moins bonnes et foncièrement mauvaises.
Yosuga no Sora appartient à cette dernière catégorie. C’est à dire, le navet, le nanar, la daube, et autres noms peu jouissifs.
Si j’en parle, c’est pour épargner à mes confrères geeks 12 épisodes à grincer des dents, puis à contempler ces cinq-six heures de leur vie qu’ils viennent de perdre en quelque chose d’intellectuellement insultant et émotionnellement déchirant (déchirant comme pour les malheureux qui se sont fait hacher l’oignon dans une backroom d’un bar homo).
Qu’est-ce que Yosuga no Sora alors? YnS est l’une de ces myriades d’adaptations de jeux de drague, avec des éléments érotiques, où le perso principal vit sa vie, va à l’école et essaie de socialiser avec des filles, toute typées d’après un cahier des charges issu des études de la sous-culture moé, qui suscite différentes réactions, allant d’un enthousiasme enfantin, digne de François Bayrou des Guignols, à un accès de rage, bave aux lèvres et yeux roulants de fou furieux inclus dans le Pack (allez à Colony Drop pour un échantillon, mais soyez vacciné car vous finirez par haïr un autre pan de la population des anime fans, oui je pense qu’ils ne valent pas mieux que ceux que l’on accuse d’apporter la ruine à l’industrie). Donc, les filles. On a la fille riche, la miko (prêtresse japonaise, pas les cornets de glace), l’amie d’enfance, la chef de classes et la petite soeur. Dans l’anime, car on parle de celui-là, le jeu on s’en fout, on se concentrera sur la miko, l’amie d’enfance et la soeur, les autres passent à la trappe, car format 13 épisodes oblige. Oui, Yosuga no Sora est aussi une autre de ces séries à 13, 12, voire 11 ou 10, épisodes que l’industrie nous pond, parce que, comme le junk food du McDo et du grec du quartier, c’est vite pondu (pour ne pas dire chier, par respect envers les séries qui essaient de faire quelque chose de bien avec ce format comme Madoka Magica) et vite consommé.
Si je parle de la petite soeur comme amante potentielle dans le jeu original, c’est que Yosuga no Sora, la série, surfait sur cette petite mode de l’inceste ou ce qu’il y a au delà de l’amour fraternel entre frère et soeur, et popularisé par Ore no Imouto (même si l’inceste n’est pas le thème principal de OreImou). C’est un poncif qui hantait la scène eroge (les fameux jeux à multiple choix, routes, fifilles et fins) depuis un moment, et que je ne comprend toujours pas. Je suis moi-même l’ainé d’une fratrie de trois filles et trois garçons. Et je n’ai jamais éprouvé quoi que ce soit pour mes soeurs. Donc, oui, je ne comprend pas trop. Pourtant, Yosuga no Soza n’est pas la première histoire ayant pour thème l’inceste auquel j’ai été exposé. Angel Sanctuary de Kaori Yuki était une de ces histoires, et son traitement du sujet avait été plus respectueux envers ses lecteurs. Et il y a aussi Koi Kaze. Et la différence entre ces oeuvres et YnS repose là. YnS est graveleux, mais je m’y étendrais plus tard.
Avec un format de 12 épisodes, YnS pouvait faire peu de choses, et décide donc de raconter son histoire en plusieurs troncs se focalisant chacun sur une héroïne, et contrairement à des adaptations comme Clannad, les différentes parties sont déconnectées l’une de l’autre. Donc ne soyez pas surpris
qu’à la conclusion de la première histoire, on ne parlera jamais de la liaison entre le personnage principal, Haruka Kasugano, au charisme digne d’un redoublant de Secret Story, et la miko, héroïne de la première partie. Une histoire de bébé échangé à la clinique, un truc dans ce genre, et Dieu sait qu’ils ont conclu. Le but de la manoeuvre étant de permettre d’offrir aux otakus du temps pour leur waifu (poupouses ou épouses), mais bon comme j’ai dit, à la trappe la chef de classes, la fille riche et la soubrette (trop vieille pour ces sales lolicons d’otakus qui ne comprennent pas qu’une fille embellit avec l’âge, jusqu’à un certain point; et je ne nie pas l’élégance de Christine Lagarde même si je ne suis pas gérontophile). Donc pas d’histoire pour elles. Puis il y a la partie avec l’amie d’enfance, aux gros lolos et binoclarde, une de mes combinaisons préférées.
Son histoire à elle, c’est, d’après mes vagues souvenirs, des parents qui se fritent tout le temps et elle qui cherche un refuge. Et au passage, elle dépucelle le perso principal. Au moins c’est un point contre la petite soeur dans le match. Et c’est aussi la raison pour laquelle la petite soeur en veut à mort à Nao, la binoclarde dont je parle.
Donc en résumé, une histoire en plusieurs parties déconnectés ou pas (il y a une tentative de connexion entre la partie amie d’enfance et petite soeur, à cause de la rivalité), un héros qu l’on a envie de baffer, des filles plus ou moins oubliables et finalement, une soeur détestable au possible.
Parlons donc de cette soeur que je viens de qualifier de détestable au possible. Mais pourquoi donc? elle est jalouse, possessive, elle vit en reclus, ingrate et refuse absolument de se sortir le doigt du cul pour tenter de devenir un meilleur être humain.
Et c’est pour cette raison pour laquelle on attendait cette partie, la dernière, celle de la petite soeur, avec l’appréhension d’un mec qui vient injustement d’être condamné à mort, pour un crime qu’il n’a pas commis, et va partager sa cellule avec un violeur en série qui lui murmure à l’oreille que lui, le petit nouveau, sera la putain de Bubba pour les quinze prochaine années qu’il passera à poireauter dans le couloir de la mort. Car oui, on se demande ce que nous, spectateurs, avons fait pour mériter cette daube. Et cette histoire d’amour qui aurait pu jouer sur notre corde sensible avec le potentiel tragique, et bien, on le regarde avec un mélange de fascination morbide et de dégoût, comme ce chien mort sur le côté de la route, devant lequel on passe tous les jours, et qu’on ne peut qu’entrevoir la lente décomposition (avec les asticots qui grouillent et la barbaque qui gonfle) et qu’on sent avant de détourner le regard. Car c’est cela YnS. Une histoire voyeuriste. Avec un couple final détestable, un frère mou, peu charismatique, et une soeur pour qui j’ai épuisé l’énergie cérébrale pour vous dire le bien que j’en pensais.
Si je vous parlais de cette série c’est pour en dire que du mal après m’être cogné la tête contre les murs suite à une rencontre avec un gros fanboy persuadé de tenir en YnS le chef d’oeuvre du 21e siècle. Ce type, un crétin fini, n’a cessé d’intervenir à chaque fois qu’une personne osait appeler un chat un chat, donc que YnS est une immense daube, qu’il soit censuré ou pas. J’ai bien aimé ces moments où il vint pleurer dans les jupons des modos de Animesuki contre les méssants qui osaient dire du mal de sa série préférée. Oui, YnS est une merde, mec, acceptes le fait que tu as des goûts de chiotte si tu aimes cette série et le place au même niveau qu’un… Clannad After Story. On a tous des séries que l’on a honte d’aimer. Fais-toi à cela, comme un homme.
Quant à vous amis lecteurs vous avez sûrement compris que vous devez éviter cette série à tout prix.
Donc, bon Diablo 3.
PS: Vous allez me demander, “Est-ce que Haruka se tape sa soeur?”. Je réponds, oui. Et franchement, même le traitement pron soft des relations ne sauve pas la série de sa bêtise. Au contraire, le moment où les autres filles prennent les jumeaux, frère et soeur, en flagrant délit est un grand moment de facepalm tant la crétinerie suinte de tous les pixels de mon écran.
Donc, oui, sérieux, ne perdez pas votre temps.



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