Si, il y avait une série qui faisait parler de lui durant l’hiver 2011-2012, c’est bel et bien Another.

Le genre tout d’abord, un peu d’horreur ne fait pas de mal après tout. Quoique pour être très franc, mes expériences avec l’horreur à la Japonaise ont été peu impressionnantes. Moi, je suis plus John Carpenter, avec des classiques comme The Thing, ou d’autre perles comme Dagon (qui a très probablement inspiré Resident Evil 4). Enfin, vous voyez le genre.

Another semblait avoir tout pour réussir:

- un pitch accrocheur: Une classe maudite par des morts à répétition.

- un personnage fascinant – celui de Misaki.

- un character design – signé Noizi Ito (Shana, Haruhi, etc…)

- une réalisation bien léchée.

Mais cela serait oublier que le studio, PA Works, avait à son actif Angel Beats, qui était loin d’être un chef d’oeuvre, car bien que prometteur au début, Angel Beats finit par se vautrer lamentablement. La faute à une script hasardeux au fur et à mesure que les épisodes avançaient.

Pour ma part, il m’a fallu attendre le troisième épisode pour m’y mettre, quand un copain m’a dit que “quelque chose” s’y passait. Le générique de début par Ali Project a été le premier obstacle pour moi. Ali Project m’horripile, et pourtant j’ai été relativement tolérant quand c’était Noir, mais avoir entendu leurs autres génériques, désolé les fans, mais Ali Project sera toujours pour moi les Bernard Minets du gothique à la Nippone. Et ces adjectifs qualifiant leur musiques de dichromique, aristocratique, comme pour me convaincre que c’est bien, je m’en bats les coucougnettes.

Revenons à nos moutons, donc le troisième épisode a fini par m’accrocher. Et Dieu sait qu’ils ne se sont pas retenu sur le sang, quand on sait la folie de la censure japonaise depuis l’affaire School Days. Et la première chose auquel on pense en regardant cet épisode, c’est Destination Finale. Mais voilà, Destination Finale, c’était pas toujours bien. C’est un de ces films que j’aurais préféré voir sans suite, comme Saw. Et finalement, de Destination Finale, Another en a pris le pire, c’est à dire ces morts que l’on jugera complètement idiotes et qui ne servent à pas grand chose, si ce n’est choquer le spectateur.

Et pourtant, le grand masochiste intellectuel (c’est à dire, dans la tête, et non pas au niveau physique), que je suis, a voulu voir jusqu’où ils pouvaient aller. Mais vint cet épisode, qui eut lieu à la plage. Et vint cette scène où je me surpris à crier devant le moniteur tant elle suintait l’idiotie. Une de ces morts qui auraient pu être facilement évitées. Et même l’explication dans l’épisode suivant n’a pu dédouaner cette mort de cette idiotie.

Et j’ai vu la série danser au bord du gouffre de la médiocrité sans même regarder ou tenter quoi que ce soit pour l’éviter. C’est l’avant dernier épisode qui couronnait Another avec le chapeau du Grand Guignol. Des morts qui donnaient envie de mourir de rire. Et une petite vieille qui a sombré dans une folie homicide. PARCE QUE!

J’ai vu la chose avec un mélange de frustration et de fascination morbide. Et quand on découvre la façon de conjurer la malédiction, et le pouvoir de Misaki. La résolution est à l’image de mon expérience avec la série, frustrante. Car les personnages avaient toutes les cartes en main, et pourtant se sont laissé aller aux clichés les plus détestables du genre, en bref, la rétention d’informations cruciales, cette manie de se séparer parce que ça arrive dans TOUS les films d’horreur, et cette manie de craquer et de se comporter comme des idiots irrationnels. On va me dire, oui mais si ils gardaient tous la tête froide, où serait l’intérêt? Je le concède, une histoire d’horreur où les héros se comporteraient comme le spectateur l’aurait fait, ne serait pas forcement intéressant. Mais bon, on a eu The Thing, où les protagonistes, ET La Chose, ont adopté un comportement à l’encontre des codes du genre. Ce que j’aurais aimé dans Another est un spectre de comportements et de réactions face à l’horreur plus varié.

Frustré, vous m’avez bien compris. Another ne s’avérait guère capable d’élever son pitch. En douze épisodes, il est vrai que l’exercice n’était pas gagné. Mais je pense que vu les outils et les éléments de l’intrigue, Another n’aurait pas tenu sur une vingtaine d’épisodes, quatorze peut-être auraient suffi…

Les Plus

- La réalisation.

- L’atmosphère des premiers épisodes.

- Misaki

Les Moins

- Le générique de Ali Project

- S’essouffle à partir de l’épisode 9 pour se viander à l’épisode 11.

- L’adhérence aux poncifs les plus détestables du genre.

- Une résolution décevante.

Cela pourrait être mieux avec:

- Un gag dub avec des voix à la Pérusse.

- Une musique burlesque à la Benny Hill.

Note finale 100% fausement objective 100% subjective

9/20

PS: Et donc pour une second critique à la française, vous finissez pour vous dire, “Mais Sheba, t’es vachement négatif! Est-ce qu’il y a quelque chose qui trouve grâce à tes yeux?”. Oui, mais les mots vinrent plus facilement pour Another. Mais rassurez-vous je vais essayer de positiver dans mon prochain article.

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